« Les deuils ne seraient sans doute pas aussi lourds si notre société avait gardé sa culture de l’accompagnement, la veille du mourant, les mots, les gestes, qui disent la valeur irremplaçable des derniers échanges. » (Marie de Hennezel)

Le deuil ébranle le corps, l’esprit, notre rapport aux autres et au monde. Parce que toute vie est unique, la façon de vivre son deuil sera propre à chacun. Naturellement, un travail de deuil bien spécifique et universel s’active. Avoir en tête les étapes du deuil peut permettre de traverser le deuil en conscience et de comprendre le processus du deuil, pour retrouver pleinement le goût de la vie.

1. Refuser la mort

Un profond sentiment d’injustice vous assaille dans le premier mois du décès, et avec lui un état de choc de l’annonce du décès, des repères bouleversés, une tristesse engourdie. C’est la première des étapes du deuil. La séparation d’avec l’être cher est littéralement incroyable. La souffrance du deuil se trouve alors comme anesthésiée.

Voir le corps permet d’intégrer la perte, de croire au départ de la personne aimée. Selon la situation, introduire le rituel de la veillée mortuaire pourra avoir ses bienfaits. Puis, l’agitation des préparatifs de la cérémonie des obsèques permet d’entrer dans le travail de deuil. Avec elle, un profond réconfort viendra des messages de soutien reçus de vive voix ou par le biais d’un espace d’hommage InMemori. Entourer une famille en deuil l’allège de son poids de chagrin. Le traumatisme du deuil, peu à peu, s’apprivoise en s’y confrontant.

2. Retrouver le défunt

La seconde des étapes du deuil cherche à faire le lien entre le passé et le futur. Ce nouveau temps du deuil dure plus de six mois. Toute activité y est marquée par l’empreinte du défunt. Entretenir une relation avec lui, faire perdurer son souvenir permet de renouer avec lui dans des petits signes du quotidien. Plus concrètement, accrocher au mur une photo du disparu, porter un collier ou un parfum qu’il portait, réécouter sa voix, lui parler, se rendre sur son lieu de sépulture, sont autant de gestes qui faciliteront le travail de deuil.

On pourra plutôt choisir de fuir la réalité en s’absentant dans une surcharge d’affairements ; le positif est que, même dans ce cas, le processus du deuil se poursuit, la vie à venir se prépare.

3. Expulser les émotions du deuil

On se retrouve engagé malgré soi, à son cœur défendant, dans le processus de deuil. Parmi les étapes du deuil, la troisième est marquée par une explosion des émotions du deuil. La colère, la révolte, la culpabilité peuvent tour à tour submerger plusieurs mois durant tandis que la peur peut s’introduire dans la vie de tous les jours, avec leurs retentissements douloureux sur le physique.

Le travail de deuil fait lui-même son chemin dès lors que l’on jette hors de soi la dépression du deuil.

4. Restructurer sa vie

Surmonter un deuil équivaut à faire retour graduellement à la vie. Cela ne va pas de soi. Il faut arriver à repenser sa place par rapport au monde et au temps, au défunt et à soi-même. On en vient avec cette quatrième des étapes du deuil à se réimplanter dans son cercle amical.

L’épreuve du deuil admet le soutien d’une psychothérapie, d’un groupe de parole, d’autrui aussi en s’autorisant à parler du défunt, à pleurer, en acceptant d’être écouté. Dire qui vous avez perdu, ce qu’il s’est passé, faire un état des lieux de votre situation actuelle.

Les étapes du deuil tracent la route indispensable, plus ou moins longue, vers l’apaisement. La solitude du deuil peut être accompagnée. Selon qui était le défunt par rapport à nous – un parent, un enfant… on réfléchira à la façon dont il nous a construit et dont il enracine notre existence. Avec Christophe Fauré, expert du deuil, concluons que

« Le travail de deuil a pour ultime finalité de donner sens à ce déchirement dont il faut, coûte que coûte, combattre l’absurdité. Il n’aboutit pas à l’oubli, bien au contraire ; il garantit le non-oubli. »

Pour aller plus loin :

Dr Christophe Fauré, Vivre le deuil au jour le jour, Albin Michel, 1995.