La crise du coronavirus et les restrictions sanitaires qui en découlent comme l'interdiction de rendre visite aux malades ou encore de se réunir pour rendre hommage à proche disparu, compliquent dramatiquement le deuil des familles. Décryptage avec la philosophe Cynthia Fleury et Catherine Pernet, coordinatrice pour la Fédération Européenne Vivre son deuil.

Accompagner son proche dans la lutte contre la maladie, un élément essentiel du deuil

Cynthia Fleury : accompagner ses proches dans la maladie “est un droit absolu, non-négociable” | Brut.
“On a des familles qui sont empêchées de pouvoir faire leur deuil, […] c’est terriblement indigne pour une société.” Le cri d’alarme de la philosophe Cynthia Fleury.
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Si l’on en a été empêché, et qu’on n’a notamment pas pu voir le corps du proche, ni ses derniers instants, un phénomène “d’irréalisation” s’installe, un refus du deuil.

Pour la psychanalyste et philosophe, cela provoque “un sentiment de culpabilité immense, un sentiment d’incompréhension, un sentiment de colère, aussi. Alors ce sont des étapes bien connues dans le deuil mais qui là sont extraordinairement renforcées par la situation exceptionnelle que nous vivons.

Si on empêche ces ritualisations du deuil, si on empêche le droit opposable de visite aux malades, on détruit, en fait, toute l’humanité du soin.

La ritualisation de la mort, l’aide aux malades, la présence absolument déterminante de la famille auprès des malades, tout ça c’est ce qui fait que nous faisons, dignement, société”, conclut-elle.

Crise sanitaire : détresse et épreuve des endeuillés

"La colère est inhérente au deuil mais a pu être exacerbée, et ce légitimement, durant la crise sanitaire et les restrictions ne pouvant permettre de se rassembler pour commémorer un proche", explique Catherine Pernet, coordinatrice pour la Fédération Européenne Vivre son deuil.

Écoutez l'émission radio "Je pense donc j'agis" animée par Melchior Gormand sur RCF.

Les personnes ayant perdu un proche par temps de Covid ont dû faire face à des restrictions sanitaires les empêchant d’honorer traditionnellement lors d'une cérémonie, leur proche décédé. Ces restrictions ont suscité de la colère et un désarroi chez les familles, souvent démunies face à l’inédit de la situation.

La perte d’un proche est toujours une expérience très brutale et douloureuse, il ne faut pas hésiter à se faire aider auprès de structures spécialisées, le deuil s’achemine aussi avec les autres.


Écoutez aussi le podcast inmemori sur les deuils impossibles avec Marie de Hennezel.