Que dire à une personne en deuil ? Quels mots de soutien utiliser ? Aider une personne en deuil ne s’improvise pas, voilà pourquoi InMemori a pensé les clés de cet accompagnement. Trois questions à poser à l’endeuillé pourront le soulager dans son parcours personnel des étapes du deuil.

Si InMemori a choisi de porter vers vous ces trois questions avancées et développées par Christophe Fauré, expert du deuil, c’est que l’expérience du deuil appartient à toute vie et qu’aider une personne en deuil a énormément de sens.

1) Qui avez-vous perdu ?

La perte d’un être cher n’est pas n’importe quelle perte. Qui avez-vous perdu ? Qui était le défunt par rapport à vous ? Qui était-il pour vous ? Explorer la relation au défunt, c’est s’introduire dans ce qu’elle avait d’unique. Au-delà du strict lien de parenté, de filiation, de généalogie, c’est surtout du rapport entre deux êtres dont il est question.

Il faut laisser s’exprimer la profondeur ou la fragilité de ce lien, son degré d’intensité, la nature précise des connexions. Faire clarté sur les zones autant de lumière que d’ombre de la relation peut aider à faire le travail de deuil. Explorer le territoire de la complicité revient à sonder la vastitude du cœur, à interroger les souvenirs. Offrir de l’écoute active et du temps, parler du défunt, permet notamment de consoler la solitude du deuil. Vous pouvez également orienter la personne en deuil à poursuivre la confidence à travers les bienfaits de l’écriture thérapeutique.

2) Que s’est-il passé ?

Que s’est-il passé ? Il est important de situer l’événement dans un temps long : que s’est-il passé avant, pendant et après le décès ?

S’élaborent dans la mémoire les moments forts qui entourent celui du deuil ; ce peuvent être des discussions avec la personne aujourd’hui défunte, des annonces secouantes, des gestes effectués, des sensations éprouvées jusqu’aux émotions du deuil ressenties. Aider une personne en deuil revient à la guider à raconter cette histoire détaillée sans interrompre le fil de sa pensée et en respectant ses temps de silence. Cette démarche, vous pouvez inviter l’endeuillé à la réaliser en son for intérieur ou par écrit, à formuler, reformuler, pour, pas à pas, s’apaiser, se libérer.

Un retour régulier à cette question « Que s’est-il passé ? », une reconstruction en soi-même des faits et de leur déroulement saura favoriser le processus du deuil.

3) Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Cette question essentielle se répétera à chacune des étapes du deuil. « Où en êtes-vous aujourd’hui ? », « Comment ça va ? » peut-on demander à la personne en deuil ou peut-elle se demander à elle-même, en se situant à plusieurs niveaux.

Sur le plan physique, l’implication du corps dans le processus du deuil est à considérer de près. Prendre soin de soi, ce sera reconsolider son énergie au service de la vie à vivre.

Sur le plan matériel, assurer sa mise en sécurité permettra de gagner en stabilité.

Sur le plan social, prendre conscience de la qualité de soutien de ses proches ou se tourner vers un groupe de parole d’aide au deuil sera décisif pour se renforcer.

Sur le plan psychologique, face aux vagues des émotions du deuil, les nommer pour les vivre et les apprivoiser pourra agir en principe actif de la résilience du deuil.

Sur le plan spirituel et philosophique, une bibliographie du deuil pourra être un outil précieux où puiser des ressources. Plus encore, « croire aux forces de l’esprit » selon l’expression soutenue par Marie de Hennezel, questionner ses convictions, ses croyances, son intériorité profonde ou réfléchir à la transcendance pourra donner sens et cohérence au deuil.

Pour aller plus loin :

·   Articles « Les étapes du deuil », « Les bienfaits de l’écriture thérapeutique », « Les émotions du deuil », « La solitude du deuil », « Bibliographie du deuil ».